L'histoire de mon accouchement ...

Après des jours et jours sans activité sur mon blog, je reviens avec cet article très attendu de tous ... mon accouchement. 

Je tiens à préciser que ce n'est que mon histoire, chaque accouchement est différent et même pour la même femme vous n'allez surement jamais vivre plusieurs fois un accouchement identique au précédent. ! 

Dans la nuit du 12 avril au 13 avril j'ai eu de légères douleurs en bas du ventre et mon ventre était dur en permanence. Je sentais la douleur (très supportable) venir et partir mais mon ventre lui restait dur en permanence.

Mon chéri me demande si je souhaite aller aux urgences et je lui réponds "bah prépares-toi moi aussi et si ça ne passe pas, on y va". 

Mais bon je sentais cette fois que c'était différent, ce ventre très dur et ces douleurs un peu plus intenses ne présagé rien de bon. 

Allez direction la voiture et les urgences. Dans la voiture j'avais vraiment mal j'avais hâte d'arriver pour que les sages-femmes me rassurent. 

Donc c'est partie,... il était une fois le 13 avril 2018, 8h00, 36SA + 1

Chaque fois que j’arrive aux urgences c'est un peu le même rituel, prise de tension, température et petit pipi dans le bocal. 

La sage-femme à l’accueil me reconnait tout de suite et me dit : "A non non, vous je ne veux pas vous avoir avant la semaine prochaine". Je lui répondis que là j'avais des douleurs et elle savait que d’habitude je ne sentais rien (oui car j'ai fait deux MAP avant à 28 et 33 SA). 

A peine elle pose ses mains sur mon ventre, elle comprend que ce n'est pas normal effectivement ce ventre toujours très dur ,  il devrait se relâcher entre les contractions. Le monitoring dit que j'ai des contractions toutes les deux minutes donc le travail spontané a commencé.

Mon col est ouvert à 3 cm mais là rien d'inquiétant car à 28 SA mon col était déjà ouvert à 2 cm. 

Elle demande qu'une échographie soit faite rapidement et à peine 10 minutes plus tard voila que tout le monde s’affolent autour de moi. L'échographiste arrive pose sa sonde sur le haut de mon ventre est là, elle demande à ce que je sois prise en charge en salle de travail tout de suite car elle voit un dysfonctionnement entre un des placentas (car j'avais deux poches) et mon utérus. 

J'avoue que de voir cette dizaine de personnes arriver d'un coup vers moi pour tout mettre en place, m'a fait énormément paniquer et je fonds en larmes de peur de stress surement je ne sais pas trop. 

Elles prennent trois secondes ou elles arrêtent tout pour me rassurer, pour me dire que j'allais voir mes bébés ce jour-ci mais je commençais à être sur une autre planète à ce moment-là je crois. 

Elles me mettent sur un fauteuil roulant, me dirigent vers une salle de travail et me déshabillent pour m'enfiler la bouse bleue. C'est aller tellement vite ce moment... à peine positionné sur la table, ils demandent à mon chéri de sortir et l'anesthésiste arrive pour me poser la péridurale. 

Moment pas tout agréable au passage, assez douloureux j'ai trouvé, mais j'ai vite plus rien senti, la péri à toute suite prise. 

Là le temps a été très long. Une maman dans la salle d'à côté accouchait de triplet donc tout le personnel étaient occupés avec elle. La sage-femme ne voulait donc pas me percer la poche des eaux car elle avait peur que le travail se déclenche d'un coup, et ils n’auraient pas pu être là pour nous . 


Malgré le produit pour accélérer l'ouverture du col, mon col restait bloqué à 4 cm, ils commencent à me dire que si ça ne bougeait pas ils feraient une césarienne. Je n'en avais absolument pas envie. et mon corps la comprit puisqu'il lui a fallu une heure pour s'ouvrir de 4 cm alors qu'en 4 heures il s'était ouvert seulement de 1 cm. 


 12h45 ... 

La sage-femme perce la poche des eaux de Joy, elle est sanglante c'est-à-dire qu'il y avait du sang dans les eaux. Bon là déjà elle tic mais rien de grave. 

Ils ont demandé à mon chéri d'aller chercher la valise avec les affaires des bébés car une chose était sur, c'est qu'ils n'allaient pas rester une journée de plus dans mon ventre quoi qu'il arrive, ils les feraient sortir. 


19h00 ... 

Changement d'équipe, mon col est à 9 cm... entre-temps les choses se sont compliquées. Nous perdons les traces du cœur de Léo sur le monitoring. Ils paniquent tous, clairement ils étaient prêts à agir, une nouvelle fois une dizaine de personnes rentrent dans la salle pour intervenir. 

Ils arrivent à retrouver le cœur de Léo, ses battements ralentissent, il y a eu plus de 10 min de ralentissement et des piques à plus de 200 pulsations. Ils commençaient vraiment à s'inquiéter. J'ai fait une infection pendant le travail, j'avais 39 de fièvre et du coup il ne supportait pas cette fièvre.


21h00 ...

Le chirurgien de nuit, dit qu'il faut agir de suite et ne plus attendre, on part au bloc. Mon col s'est bloqué à 9 cm, il faut être à 10 cm pour accoucher par voie basse. 

Une nouvelle fois tout a été très vite, j'ai commencé à paniquer et a trembler un peu... et de plus en plus fort. 

Ils me placent au bloc, me branchent de tous les côtés, l'anesthésiste, les deux sages-femmes, les deux pédiatres, les infirmières etc etc tout le monde étaient prêts à accueillir comme il se doit mes enfants.

La panique chez moi était au plus haut, une fois installée et le champ positionné, mon chéri me rejoint et s’assoie à mes côtés, il me rassure comme il peut mais j'étais ailleurs, je n’étendais rien, je tremblais tellement j'en avais mal au cou, j'avais l'impression d’être une feuille face au vent.  

J'ai été très surprise car pour vérifié que les 3/4 de mon corps étaient bien endormis, un des infirmiers avait un teaser et il me teasait pour vérifier que je ne sentais rien. Ils endorment des pieds jusque au-dessus de la poitrine et bien sûr j'ai senti le coup d’électricité et  autant te dire que ça pique !!  

L'anesthésiste m'explique que je vais tout sentir mais que je n'aurais pas mal. Elle me dit que le cerveau ne connaît pas cette sensation donc que ça allait être surprenant mais qu'il fallait que je reste calme et que je n'ai pas d’inquiétude. A ce moment-là j'avais qu'une envie, c'était qu'on m’arrête les tremblements qui me faisaient mal. 

La césarienne commence, je sentais quelque chose en bas de ventre en gauche, l'anesthésiste me dit que non, il y a rien que je ne m’inquiète pas. ( j'ai appris le lendemain que c'était en fait l’écarteur que je sentais).

21h44 ...

Joy née j'entends ses premiers cris, mes larmes coulent toutes seules un moment assez particulier... je me souviens juste avoir dit à mon chéri "mais qu'est ce qu'elle a au pied" car je l'ai vu passer derrière moi mais en fait elle n'avait rien. 

21h45 ...

Léo né... je ne l'entends pas, il ne pleure, le pédiatre va directement dans la salle d'à côté, à peine il passe la porte que ouff j'entends Léo. 
Quel soulagement... 
il a eu besoin d'une ventilation au masque (mais chez les jumeaux c’est normal, ils m'avaient prévenu le deuxième à sortir à toujours un peu plus de mal à trouver sa respiration.)

Ils ont tout de suite demandé à mon chéri d'aller dans la salle où étaient les bébés et à ce moment les choses se sont compliqué pour moi...

L'anesthésiste prend sa place et elle s'assoie à coté de moi, elle me tenait la main afin de me rassurer et de me tenir éveillée. 

le temps a été très long après car lors de la délivrance j'ai fait une hémorragie importante,  j'ai perdu beaucoup de sang, trop de sang, je me sentais partir donc ils me stimulaient pour surtout que je ne m'endorme pas. J'ai perdu 1.5 litres de sang soit en moyenne 1/4 de mon sang, c'est énorme. 
Ils ont dû attendre que mon utérus se replace et ils ont aspiré le sang dans mon corps. Ils ont dû attendre également que les culots de sang pour me transfuser arrivent et c'était très long ... 

Une fois l’hémorragie calmée et qu'ils m'ont refermés l'utérus et le ventre avec des agrafes. ils ont placés un ballonnet de bakri dans mon utérus, afin de l'aider à se rétracter et se replacer. 

Le ballonnet a été gonflé  avec 500 ml de sérum physiologique, Ils m'ont mis une sonde pour réceptionner le sang et une sonde urinaire car j'ai gardé la péridurale de façon permanente jusqu'au lendemain après-midi donc à peu près 30 heures.. J'ai dû rester en salle de réveil à peu près 15h00. J'ai négocié avec le chirurgien pour me le retirer car je voulais voir mes enfants, je voulais sortir de cette salle et j'avais très soif plus de 24h sans boire c'est compliqué. 

Mon cœur à mon tour s'emballe, je faisais de la tachycardie. Ils m'ont donc mis des patchs pour surveiller mon cœur et ils m'ont placé sous oxygène pour contrôler que je ne fasse pas d’arrêt cardiaque. Le tout en étant transfusé. De voir ces poches de sang au-dessus de moi c'était impressionnant aussi. 

Pendant ce temps mon chéri, à donné les premiers biberons à ses bébés, leur a fait les premiers câlins, les premiers bisous, et les premières photos et vidéo afin que je puisse les voir. Malgré le fait que j'étais sonnée, que j'avais froid (avec une température à 39 degrés) et les tremblements j'avais tellement envie de les voir ... 
Mon chéri faisait les aller-retour entre la salle de réveil et l'unité ou étaient les bébés pour venir tout me raconter et surtout me les présenter via les photos. 

Ils ne pouvaient pas passer la nuit avec moi donc vers 3 heures du matin il est rentré et il est revenu le lendemain. J’attendais que ça qu'il revienne le temps était si long dans cette salle de réveil. 

Puis c'est bruyant tu me peux pas vraiment te reposer. 

14 avril 2018, 9h00...

Le revoilà enfin, je lui demande de me remontrer les photos car je ne m'en souvenais plus... j'étais plus endormi, je m'étais plus ou moins remis de mes émotions. Je les recouvrirai en photo. 
Il était passé voir les bébés avant, il me dit donc que tout aller bien et il m'avait pris de nouvelles photos. 

14 avril 2018, 14h00

Le chirurgien vient me voir, il décide enfin à me retirer le ballonnet et arrêter la péridurale car les saignements ont cessé. 

Pour le retrait du ballonnet, il le vide de moitié dans un premier temps et surveille l’évolution des saignements. Le retrait en lui-même est très simple. Il suffit d’aspirer le sérum physiologique contenu dans le ballonnet, de relâcher la tension exercée, et de tirer doucement sur la sonde. 

Enfin j'ai pu aller dans ma chambre, faire la connaissance de des enfants, les voir, les toucher, les aimer... c'était magique...

Voilà je vais m’arrêter là et je te passe les détails de la thrombophlébite pelvienne et endométrite puerpérale ainsi que l'infection maternelle d'origine inconnue, du rejet de mon corps des agrafes, de la déshydratation, de la fièvre, de la tachycardie  à 120bpm alors que j'étais couchée, bref des quinze jours d'hospitalisation qui ont suivi cet accouchement ... 

Je crois que je pourrais en écrire un livre de cet accouchement.

Encore une fois tout cela n'est pas une généralité , ce n'est que mon histoire. 

Pour te dire l'hémorragie de la délivrance  ou appelé aussi hémorragie du post-partum survient généralement dans les dans les 24 heures suivant l'accouchement, et responsable d'une perte sanguine estimée à au moins 500 ml. C'est une complication très grave de l'accouchement qui concerne seulement 5 % des femmes, et c'est également la première cause de mortalité maternelle au cours de la grossesse en France

Ça aurait pu être catastrophique pour mon homme et les bébés mais heureusement j'étais entre de bonnes mains et aujourd'hui tout va mieux ! 







Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire